Quai des Salines

Tournai / Belgique / 2011

Requalifiant un espace public jusqu’alors délaissé, le projet de réaménagement du quai des Salines constitue un jalon stratégique du programme de revitalisation du centre de Tournai.
L’Escaut, qui traverse de part en part le centre ville, définit en large partie l’identité urbaine de la cité. Le quai des Salines, où s’inscrit le projet, se développe à la suite des étroits quais du quartier de la cathédrale jusqu’au pont des Trous, vestige médiéval important et limite de la ville intra-muros. Le quai nécessitait d’être reconditionné au-delà de sa fonction de passage au fil de l’eau. Il s’agissait de générer de nouveaux usages lui permettant de créer un espace public à part entière. Bordé de maisons patriciennes du XIXe siècle aux façades classées et d’un alignement d’arbres généreux, le quai offre un paysage paisible et historique.
L’aménagement se base sur la mise en valeur et la protection du génie du lieu. Il cherche à faire naître des regards inconscients, de générer un sentiment intense à partir d’éléments ordinaires. Le réaménagement du quai des Salines est une mise en pratique de “l’ultra contextualité” et “l’ordinaire-extraordinaire”.
Dans la forme, le projet se base sur une segmentation traditionnelle entre espace de voirie destiné à la circulation carrossable et espace piéton dédié à la promenade et au repos. Le nouveau quai se découpe sur sa longueur en trois bandes parallèles caractéristiques. Alors que le long du front bâti la rue traditionnelle en pavés est maintenue, du coté de l’eau, une large allée piétonne en pierre bleue invite à la promenade. Entre les deux, inscrite entre les arbres, se développe une bande intermédiaire végétalisée accueillant un jeu de bancs en bois, tel un tapis articulé.

Jouant à la fois sur les différences de niveaux, la découpe d’alcôves et les hauteurs de dossiers, cette zone de repos statique forme un écran perméable entre l’univers de la ville et celui de l’esplanade piétonne. D’un point de vue paysager, elle préserve la vue sur les façades tout en camouflant la rue.
Ouvrant au sud vers le centre ville, le quai aboutit sur une large place. Implanté en contrebas du pont de Fer, l’espace apparaissait comme résiduel. La réponse choisie a été d’en simplifier la géométrie par l’implantation d’un local technique tenant le rôle de belvédère à partir du pont. Ce nouveau volume construit, recouvert par la même essence de bois que la bande végétale, marque le départ du parcours. Ouverte et aérée, cette place se voit meublée par des tables et des bancs au fin profil d’acier.
Les matériaux utilisés ont été retenus pour leur caractère durable et leur résistance à la glissance. Participant artistiquement à la définition du projet, une œuvre de l’artiste Emmanuel Saulnier vient s’intégrer dans la partie la plus en amont de la promenade. Elle se compose de dix-huit ‘pages’ d’inox implantées aux emplacements des trappes des anciennes salines. Chacune est porteuse d’une lettre ciselée et ouvragée dans son épaisseur, laissant découvrir les mots: ‘lieu du sel, rêve de mer’, renvoyant à la mémoire du lieu.

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