Grand Paris Express [SMC]

Saint-Maur-Créteil / Val-de-Marne / 2020

La Gare Grand Paris Express est réalisée à l’intersection avec une gare existante, celle du RER A de Saint-Maur – Créteil. Elle vient s’insérer dans un contexte urbain déjà constitué, dans un quartier dynamique de Saint-Maur, et peut ainsi être qualifiée de gare de proximité. Cette notion de proximité reflète la dimension humaine du quartier dans laquelle elle s’insère, son échelle et sa pratique actuelle par des circulations douces. Ainsi, cette famille de gare doit, au-delà des pré-requis fonctionnels de connexion et d’efficacité du Grand Paris, faire l’état de ce qui est déjà là pour s’y insérer de façon harmonieuse. L’arrivée de ce nouveau réseau impulsera une dynamique à l’échelle des territoires plus éloignés qu’elle met en relation. L’objectif est alors de garantir une insertion respectueuse dans des quartiers très pratiqués, où l’arrivée de nouveaux équipements est à travailler en étroite relation avec les acteurs locaux.
Le Réseau de Transport du Grand Paris se développe en sous-sol sur un tracé nord – sud et croise le réseau du RER A de façon orthogonale au niveau de la gare existante. En surface, un imposant immeuble de bureaux est accolé au quai nord de la ligne de RER. Une place se dégage entre cet immeuble et un linéaire de petits bâtiments de logements collectifs avec des commerces en rez-de-chaussée. La place est traitée de façon minérale et linéaire, parallèlement à la façade du bâtiment de bureaux. Elle se développe sur deux niveaux distincts, celui du sol et celui du rez-de-chaussée du bâtiment de bureaux. Des émergences liées aux accès au parking souterrain sont positionnées ponctuellement à la surface de la place. L’actuel accès à la gare n’est pas visible depuis les rues adjacentes car il s’intègre dans le bâtiment, au centre de la place. La rupture verticale est traitée par des espaces végétalisés qui masquent d’autant plus l’accès au RER. Le tracé du RER A aérien opère une rupture entre un territoire nord, dynamique et central et un territoire sud majoritairement résidentiel et pavillonnaire. Cette rupture se ressent par les différences de traitement des abords de la gare existante, d’un côté une place piétonne dégagée et active, de l’autre une gare routière monofonctionnelle et isolée. Les abords de la future gare sont à penser depuis un périmètre large afin de faire le lien avec les différentes ambiances et qualités de la ville. Lors d’une approche rythmée par les odeurs et les bruits du marché, la gare pourrait apparaître comme le prolongement de l’animation de la place. Lors d’un déplacement en vélo, ce sont les continuités végétales ainsi que la sensation d’espace qui pourraient être valorisées. Lors d’une utilisation plus fonctionnelle en tant que pôle d’échange multimodal, la gare pourrait offrir la possibilité de sentir les qualités urbaines, l’attractivité de la ville de St Maur.
L’émergence de la gare est imaginée en lieu et place du tronçon central de l’immeuble de bureaux précédemment décrit. Ce positionnement central devrait permettre de briser l’effet « barre » qui nuit aujourd’hui à la qualité de la place existante. La nouvelle façade ainsi mise en valeur pourrait être l’occasion de redonner une centralité à la place, de mettre en scène un par¬cours plus évident pour l’utilisateur en surface. La visibilité de l’accès qui fait défaut à la gare actuelle est nettement améliorée grâce à cette nouvelle émergence mais aussi grâce à la révélation du lien de ville. La marquise est un signal supplémentaire qui guide le public et invite à traverser.
Le passage est animé de commerces qui créent une continuité avec l’activité de la place et du quartier. Cette nouvelle animation est une invitation à entrer dans le passage, à traverser la butte, à retrouver le lien entre la façade sud et le reste du territoire. La gare de bus que nous trouvions sombre et délaissée par la ville est reliée au passage et à la nouvelle gare grâce à cette nouvelle connexion commerciale. Les trottoirs sont élargis pour redonner de la place aux piétons, développer des espaces d’attente mieux proportion¬nés, point faible de la gare de bus actuelle. Les éléments de circulations verticales débouchent sous la façade du volume de rez-de-chaussée qui donne sur la place. Cette proposition permet de propager la lumière au droit des circulations grâce à la proximité avec la façade. Le traitement de ce volume d’accès en double hauteur donne une dimension aérienne et ouverte sur le paysage. La gare Grand Paris Express occupe un tiers du linéaire de façade sur la place. C’est une véritable fenêtre ouverte sur le transport et sur la ville. Le voyageur en interconnexion est ainsi invité à découvrir le quartier, à s’arrêter et pourquoi pas profiter de l’animation du marché.

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