Collège Lucy Aubrac

Champigny-Sur-Marne / Val-de-Marne / 2012

L’identité singulière du site, nous invite d’emblée à questionner sa place et son rôle dans la constitution urbaine de la ville. Retenons sa qualité première, celle d’un poumon vert inscrit dans la continuité du faisceau ferré abondamment végétalisé et pensons alors cet équipement, en termes de continuités publiques, paysagères et durables.Entité verte à qualifier, continuité entre quartier à créer, espace public à renforcer, topographie à révéler … sont autant d’orientations latentes que le projet révèle.

Des percées visuelles et une allée d’arbres traversent le collège et rendent tangible une continuité entre les quartiers. Bien que clos, le collège participe de ces axes transversaux qui marquent le renouvellement urbain engagé. Axée sur cette allée verte, l’entrée du collège détermine, par la mise en tension de trois bâtiments (salle de cour, gymnase et patinoire existante) une nouvelle centralité. Une véritable place publique naît, où collégiens et habitants se croisent, où circulation piétonne et automobile coexistent.
Une construction en terrasse extrapole par ailleurs les dénivelés du site pour composer de véritables gradins du nord au sud et créer une cour intérieure, poumon du projet, aussi dynamique qu’intime.
Les volumes bâtis se développent en balcon sur un paysage planté, sur cette topographie révélée et traversée en contre-bas par une allée plantée, point d’articulation fondamental entre le collège et la ville mais aussi entre la cour et les équipements sportifs.
Nous proposons que durant les périodes de vacances scolaires, l’allée verte soit ouverte. Cette proposition innovante témoigne d’une prise en compte dans la conception originelle, des choix politiques et sociaux du partage de l’espace.

Placé en pendant du collège, le gymnase ouvre sur le parvis pour tenir sa place d’équipement mutualisé avec la ville, accessible par tous.
Le bâtiment d’enseignement est conçu en structure bois et dalles béton de façon à garantir l’inertie climatique combinée à l’usage d’un matériau peu impactant sur l’environnement. L´usage du bois prédomine de la constitution des murs jusque sur les façades où un ensemble de brise-soleil participe de la dimension écologique du bâtiment.Sur rue, une identité architecturale forte, faite de rythmes verticaux qui se développent telle une gamme musicale… Loin d’une architecture d’effets, nous proposons un bâtiment dont les qualités esthétiques s’avèrent la résultante de convictions éthiques. Derrière les brise-soleil, on devine la structure du bâtiment. Le jeu des lames en bois, des teintes en camaïeu d’ocres mordorés et des transparences, confèrent une réelle profondeur au bâtiment.Sur la cour, au sud, par un jeu nouveau de plissages, les protections solaires, donnent une dynamique à l’ensemble, et expriment la topographie du sol. Bordant les circulations verticales et horizontales, qualifiant le préau et le restaurant scolaire, cette façade est foncièrement active. Transparences et obliques distinguent cette face interne du collège.Le hall est un espace de détente généreux qui oriente les collégiens et lie les différents locaux d’accompagnement entre eux. L’accès à la cantine trouve sa place à l’extrémité de ce prolongement intérieur de la cour, à l’échelle des flux importants de collégiens qui pratiquent cet espace.Un escalier monumental invite à accéder au niveau du R+1 où le CDI est immédiatement visible depuis le large palier ouvert sur le paysage. Les salles de classe se développent de part et d’autre de cette colonne vertébrale du bâtiment. Au niveau supérieur, les salles de musique et d’arts plastiques occupent la position centrale et les services de l’administration se développent sur la totalité d’une aile du bâtiment.

Nous proposons une solution de ventilation naturelle pour la grande majorité des espaces du collège avec des cheminées solaires d’extraction naturelle qui se dressent comme le prolongement des lignes topographiques.
L’approche durable est globale. Nos réflexions sur les continuités vertes, les espaces publics, la qualité des usages, se prolongent par l’ambition de concevoir un bâtiment aux vertus écologiques, où les notions de performance et de faible impact carbone sont primordiales : choix d’implantation bioclimatique, de systèmes passifs, de matériaux de construction et de processus de mise en œuvre respectueux de l’environnement.
Le collège est par sa fonction un lieu privilégié de l’apprentissage, du lien social, de la création de repères avec soi, avec les autres et avec le monde. Il incombe alors à l’architecte une responsabilité motrice, celle de concevoir un lieu du savoir vivre ensemble, la vitrine d’une architecture responsable et écologique.

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